Terrecotte di Rorò
“Divine céramique!” Così la definisce la giornalista Cecile Vaiarelli della rivista “Maison Cote sud” che dopo aver conosciuto l’artista e la sua produzione al Museo del Louvre in occasione della mostra Museum Expression nell’anno 1998 la rincontra a Monreale nel 2005 e per lei realizza un servizio nella rubrica dedicata al mondo Mediterraneo, pubblicato nella rivista maggio-giugno 2006, n.9



Radieux et mystérieux, tels sont les motifs de lave insérés dans les <<tondo>> du chevet de la cathédrale de l’antique cité de Monreale qui domine Palerme. Dans l’ultime four ° bois de Sicile, l’atelier de céramique activé par l’architecte Rossella Zuccaro  s’est réapproprié les figures géométriques arabo-normandes du Duomo le temps de re-création dominées par une symbolique forte.

Le Duomo de Monreale est ce chef-d’œuvre incontesté de l’architecture arabo-normande, héritier d’un art de la mixité que seule la Sicile a su inventer. Façonné de réminiscences grecques, byzantines, arabes et normandes, il affiche une splendeur et une unité poétique magnifiées par les mosaïques et marbres polychromes qui parcourent l’immense basilique, le cloître et les jardins prolonges pur le couvent des Bénédictins constellé d’étoiles. Architecte œuvrant à la préservation de ce considérable patrimoine, Rossella Zuccaro n’a cessé depuis de longues années d’interroger les ornements qui rythment l’élévation  des chevets et les chargent de raffinement et de mystère. Relevant et archivant scrupuleusement les motifs du XI° siècle, et conjuguant sa passion pour la céramique,  elle crée ainsi une collection de plats en terre cuite qui se révèle être un hymne à la modernité exprimé par la géométrie  et l’arabesque. Judicieusement intitulée Le absidi in formella, la collection reproduit fidèlement les motifs décoratifs des absides du Duomo de Monreale, tels des planétariums manifestement dédiés à la construction d’une cosmogonie traversant les siècles avec insolence.

Oscillant entre sobriété et expressivité radieuse, les incrustations bicolores nourries de la rigueur géométrique du monde islamique, trouvent alors leur plein épanouissement dans l’utilisation en alternance de mélanges de terre crue et vernissée soulignant plus encore l’originalité des tracés. Ainsi, depuis 1995, dans ce pays béni des rois, sont exécutés avec une maitrise experte de grands plats en terre cuite. Et quand solaire rime avec insulaire, la science des figures rythme l’espace et dessine un monde à la mesure de l’ile : une ligne harmonieuse trace au compas une cartographie céleste inscrite à jamais dans la perspective de relecture et de construction des arcanes de la terre sicilienne.
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